Mardi 19 août 2008
I dont wanna talk
About the things weve gone through
Though its hurting me
Now its history
Ive played all my cards
And thats what youve done too
Nothing more to say
No more ace to play

The winner takes it all
The loser standing small
Beside the victory
Thats her destiny

I was in your arms
Thinking I belonged there
I figured it made sense
Building me a fence
Building me a home
Thinking Id be strong there
But I was a fool
Playing by the rules

The gods may throw a dice
Their minds as cold as ice
And someone way down here
Loses someone dear
The winner takes it all
The loser has to fall
Its simple and its plain
Why should I complain.

But tell me does she kiss
Like I used to kiss you?
Does it feel the same
When she calls your name?
Somewhere deep inside
You must know I miss you
But what can I say
Rules must be obeyed

The judges will decide
The likes of me abide
Spectators of the show
Always staying low
The game is on again
A lover or a friend
A big thing or a small
The winner takes it all

I dont wanna talk
If it makes you feel sad
And I understand
Youve come to shake my hand
I apologize
If it makes you feel bad
Seeing me so tense
No self-confidence
But you see
The winner takes it all
The winner takes it all......
par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Dimanche 17 août 2008

Il existe une douceur vénéneuse, une toute petite douceur qui sait embrumer mes heures creuses, souffler le tiède, m’embrasser pour dormir.

Elle permet au chagrin de rouler plus lentement, elle tend le filet de sûreté sous la chute, elle me protège par sa bienveillante courtoisie à prendre en compte mes peines sans les brusquer, ni me culpabiliser d’en avoir encore quand tout devrait être balayé depuis longtemps par la nécessité raisonnable d’être plus solidement ancrée dans la terre, pragmatique et ataraxique.

Elle me jette un clin d’œil de promesse, celle que mon tour reviendra, elle accepte que je me ressaisisse moins rapidement, moins sûrement qu’auparavant, plus craintive peut-être, plus lassée, à m’en demander ce qu’il faut exactement remettre quand on s’en remet.

Elle comprend l’effroi puis le découragement de ne même plus savoir ce qu’il faut soigner, mais encourage un désir fervent de percer les nuages, d’imaginer plus loin, lorsque les pièces seront remises.

Elle accompagne mes flâneries solitaires dans les ranchs invisibles, les espaces désertiques d’ Argentine, les bras forts d’un mutique cowboy, fougueux et loyal.

Cette douceur susurrée par Mazzy Star se nomme Fade into you, et les studios d’Hollywood ne s’y sont pas trompés en la bombardant dans de multiples séries, régulièrement, à chaque fois que la subtilité de la grâce dégagée par hasard devient trop innommable, et afin d’y pallier.

 


 

J’ai le regret de vous informer toutefois que contrairement à l’offre Free box, elle ne désinfecte pas votre fosse sceptique, ne vous permet pas de prendre soin de votre ligne, ni de vous conseiller pour vos investissements professionnels. Vous pouvez envoyer vos réclamations à Marianne, ou envoyer « ça craint » au 8 12 12. Vous gagnerez peut-être une semaine à bord de l’Axe Boat avec les nanas les plus chaudes de votre région pour tester votre couple.

par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Samedi 16 août 2008

... mais cela, je ne peux pas me le permettre.
Oui, il arrive, sans guillemets, que j'ose des mots à moi, agencés comme bon me semble, pour gratter mes nervures, chercher la réaction, la satisfaction d'avoir, à défaut de bien vivre, bien parlé.

"Que les fautes dans le Sublime se peuvent excuser", titre péniblement Longin dans un traité éponyme, vaguement magnifique.

Un demi-litre de Cuvée mythique dans les veines plus tard, je suis joyeuse des émois de Charity Royall dans Eté d'Edith Wharton, texte qu'admirait Conrad, mes réticences à ne pas faire comme lui se trouvant bien à mal devant pareille finesse précieuse de la Nouvelle Angleterre de nos anciens temps.
C'est tout ce que je voulais dire.
J'ai tout mis, vous trierez
.

par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Vendredi 15 août 2008

Encore un jour de plus où la France engourdie, sirupeuse, monomaniaque et stupide ferait bien de travailler un peu.

L’oisiveté ne sied guère à ceux qui possèdent un compte en banque, et par là même, l’insupportable impossibilité d’être tourmentés en paix. Quant à ceux qui n’en possèdent pas, ils ne parlent pas la langue, ou survivent sans penser.

Il faut bien l’avouer, il ne reste plus rien à raconter. L’héroïsme suprême des cerveaux actuels consiste à endurer l’insomnie, l’accablante pauvreté ne produit plus de génies. Tu marches, tu crèves, et c’est encore le mieux. Donner des congés à des gens déjà morts, c’est encore une ultime provocation marketing que je ne suis pas apte à parer.

Je ne peux plus jamais admirer de semblables, je ne me reconnais qu’en des ratés patentés, les seuls que je pourrais avoir envie d’aimer un peu, et de défendre, ne vont jamais jusqu’où ils sont capables. Je n’ai même plus d’organes pour être révoltée ou enragée de la baveuse léthargie de nos confrères, je me désolidarise en bloc, il faut croire que je me suis battue jusqu’à la dernière, et ma dernière barrière a cédé. Je deviens comme il faut, une fonctionnaire de l’inconfort, une protestante des jours fériés, une lectrice de métro, une anti-non, une sauvage du oui, une perdante forcenée, une éplorée incurable, une fan de Dr House et de Coldcase, à la recherche d’un peu de sens et de contrôle dans la culture de son apparence.

Il m’arrive encore toutefois, rassurez-vous, dans un sursaut d’élégance propre à ma condition de bourgeoise lettrée et décidée, d’en être désolée.

Mais que voulez-vous, il faut bien que l’on apprenne à vivre ensemble.

par The bitch is back publié dans : Billets d'août communauté : Les gros dossiers
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Mardi 12 août 2008

Dans ses Pensées pour moi-même, livre IV, entrée XLI de la modeste édition GF, Marc-Aurèle pense pour lui-même:

"Tu n'es qu'une âme chétive qui soulève un cadavre", comme disait Epictète.

Encore une journée sans, Marc ?

Sinon, moi ça va, je me sens cadavre frais tendance mort naturelle, à soulever les âmes des autres, et les classer en rayonnages. Rien à déclarer, donc, profitez-en pour lire ceci
:


par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Jeudi 7 août 2008

Le moins que l’on puisse dire c’est que la culture ne prend pas de vacances, ce qui est une bonne nouvelle pour nos humanités, ainsi que pour contrer un état léthargique qui me rattrape bien le soir quand il faut s’arrêter un peu et frapper quelques mots vains, mais me donne un répit bienfaisant le jour durant.

Le sentiment de plénitude et de complétude que tous ces regards antiques infusent en moi me confère la seule certitude dont j’ai besoin actuellement : je sers à quelque chose, et je sers une cause qui me dépassera éternellement. Il n’en faut parfois pas beaucoup plus pour tenir la tête haute, et garder un sourire insolent, une joie profonde et imputrescible. Je peux bien être un champ de cendres en dessous, l’apparence, ce n’est que l’apparence qui compte.

Demain je prends la route, un périple de nuit avec un vieil ami. J’ai encore quelques affaires à débarrasser, quelques chagrins à essuyer en revenant dans ma ville, mais je veux être fatiguée jusqu’à l’épuisement, ne plus m’arrêter, sans respirer, jusqu’à enfin boucler une longue boucle épineuse, sinueuse mais solide, qui me permettra de renouer avec une vieille connaissance, à qui j’ai beaucoup à raconter : moi-même.

What else ?
 


Witold Gombrowicz, dans son Journal, tome 1, chez Gallimard Folio, p 46, dit ceci :

 « Cette attitude ne peut cadrer avec la maturité d’un esprit qui, initié à l’essence même de la vie, ne se laisse jamais prendre de court par les évènements. Révolutions, guerres, cataclysmes…- que pèse donc cette vaine écume confrontée à l’horreur fondamentale de l’existence ? Vous dites n’avoir jamais rien connu de semblable ? Vous oubliez que l’hôpital voisin nous offre cent cruautés non moins atroces. Que les gens périssent et par millions ? Vous oubliez que depuis que le monde est monde des millions meurent sans trêve, sans un instant de répit. L’horreur en question vous terrifie au point que vous en demeurez pantois ? Cela prouve que votre imagination sommeille – vous oubliez que l’enfer, nous le côtoyons à chaque pas. »

 Il m’est avis, au vu des 660 pages du tome 1 et des 586 du deuxième, que vous allez encore pâtir un moment des bons mots du polonais ténébreux…

 

par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Mercredi 6 août 2008

« … et s’il te plaît, commence par éviter de tomber des nues à chaque fois que quelqu’un se comporte comme un être humain. »

 

Petite discussion entre êtres humains :

            Il faut que tu te demandes une bonne fois pourquoi tu ne t’attaches qu’aux perdants ou aux perdus.

-          Parce qu’il est plus facile de s’en remettre.

 

par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Mardi 5 août 2008

Comme vous n’êtes pas sans le savoir, les musées ferment les mardis. Vu mon taux d’immobilité psychique, je me voyais mal déroger à la règle.

Pendant cette interruption momentanée des programmes, profitez-en pour lire ça et me dire si c’est bien, je n’ai pas le temps :

 

Vous serez bien aimables.

par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Lundi 4 août 2008
... non pas qu'il demeurent béants si longtemps, mais ils se referment si vite !

« Quel sorte d’homme était Wakefield ? […] De tous les maris, il avait des chances d’être le plus constant, à cause de certaine léthargie qui conservait toujours et partout son cœur au calme. Il aimait à penser, mais sans beaucoup d’énergie active ; son esprit s’absorbait dans de longues rêveries paresseuses qui ne tendaient vers aucun but, ou n’avaient la force d’en atteindre aucun ; ses pensées n’avaient que rarement la force de s’emparer de mots. Avec son cœur froid, ni dépravé ni volage cependant, et son esprit que nulle idée originale jamais ne déroutait, qui aurait pu se douter que notre ami tiendrait le premier rang parmi les excentriques ? […] Sans jamais avoir analysé son caractère, son épouse pressentait qu’un égoïsme silencieux avait laissé sa trace de rouille sur cet esprit oisif, une singulière vanité qui était son attribut le plus fâcheux, un penchant pour la ruse, qui n’avait guère eu d’effet plus prononcé que la dissimulation de secrets sans importance et qui ne valaient guère d’être révélés, et enfin, de temps à autre, ce qu’elle appelait un soupçon d’étrangeté chez son brave homme de mari. […] Il nous a laissé matière pour une réflexion, qui saura couler un peu de sa sagesse en une morale à forme humaine. Sous l’apparence de confusion de notre monde mystérieux, les individus sont si bien ajustés à un système, les systèmes les uns aux autres, et le tout ensemble, qu’à s’écarter un seul instant du chemin qui lui est tracé, un homme court le risque terrible de perdre sa place à jamais. Il se pourrait bien qu’il devienne, pareil à Wakefield, le Banni de l’Univers. »

Wakefield,  dans Contes et récits, Nathaniel Hawthorne.

 

Ce soir, je peux faire la balance : j’ai acheté des ballerines noires et blanches, une tuniques noire et blanche avec de gros carreaux et un gros nœud grotesque devant, une culotte avec des volants, une autre en soie avec des cœurs noirs et blancs, un livre de Nathaniel Hawthorne, un durcisseur à ongles, un bonnet de bain.

J’ai perdu le reste.

 

Come what may, farewell Wakefield.

 

 

 

par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Dimanche 3 août 2008
J'ai failli ne rien écrire.
Me voilà sauvée.
par The bitch is back publié dans : Billets d'août
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Quo vadis ?

Pense bête

« Fils d’hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur lourd, aimerez-vous des riens, rechercherez-vous le mensonge ? » 
(Psaumes 4,3)

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Vos points de vue

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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